Photographier ses plats soi-même : la lumière fait 80 % du travail

Photographier ses plats soi-même : la lumière fait 80 % du travail Gusta Nissa

Vous n'avez pas besoin d'un meilleur téléphone. Dans quatre-vingts pour cent des cas, ce qui rate une photo de plat, c'est la lumière, et ça se corrige en se déplaçant d'un mètre. Ce qu'on a appris en photographiant des boutiques niçoises.

Nous passons nos semaines à photographier des comptoirs, des cuisines et des assiettes. Et la question qu'on nous pose le plus souvent, c'est celle du matériel.

C'est la mauvaise question. Un téléphone récent, bien placé, écrase un appareil professionnel mal placé. Tout se joue sur cinq décisions qui ne coûtent rien.

1. Tournez le dos aux néons

C'est le premier réflexe à acquérir : éteignez la lumière du plafond et approchez-vous de la porte ou de la fenêtre.

Les néons et les spots de plafond éclairent par-dessus. Ils écrasent les volumes, verdissent les blancs, jaunissent les tomates et creusent des ombres dures juste sous l'assiette. C'est pour ça que vos photos ont l'air « cantine » sans que vous sachiez pourquoi.

La lumière du jour qui entre latéralement par une porte fait le contraire : elle révèle le relief, garde les couleurs justes, et fait briller l'huile d'olive.

Si votre boutique est sombre, repérez le seul mètre carré qui reçoit du jour, et photographiez toujours là. Un coin de comptoir près de l'entrée suffit.

2. Jamais le flash, jamais le plein soleil

Le flash frontal est la seule chose pire que le néon : il aplatit tout et laisse une tache blanche sur le moindre reflet.

Le plein soleil de midi, en terrasse, pose le problème inverse : contrastes brutaux, blancs brûlés, ombres noires. Cherchez l'ombre lumineuse, celle d'un store ou d'une façade en face. C'est la meilleure lumière gratuite de Nice.

3. Deux angles, pas dix

Il n'y en a que deux qui fonctionnent, et ça dépend du plat.

À la verticale, au-dessus, pour tout ce qui est plat et se lit d'en haut : une pissaladière, une planche, une salade, une socca.

À hauteur de table, presque de face, pour tout ce qui a de la hauteur ou un intérieur à montrer : un pan bagnat coupé, un verre, une part de tourte. C'est l'angle qui donne faim, parce que c'est celui de quelqu'un assis devant.

L'angle à quarante-cinq degrés, celui que tout le monde prend spontanément debout au-dessus de la table, est presque toujours le pire des trois.

4. Rapprochez-vous, puis rapprochez-vous encore

La plupart des photos ratées sont trop loin. On voit la table, la nappe, le sel, un bout de coude et le plat au milieu, petit.

Remplissez le cadre. Coupez l'assiette si besoin, ça n'a aucune importance. Et enlevez tout ce qui n'est pas le sujet : les serviettes en boule, les téléphones, les clés, le stylo. Trente secondes de rangement valent tous les filtres.

5. Photographiez la vraie portion

Une erreur classique consiste à dresser une assiette de concours pour la photo. Le client arrive, compare, et il est déçu.

Photographiez ce que vous servez vraiment, un jour où c'est bien fait. C'est plus utile pour vous, et beaucoup plus efficace : les gens repèrent instantanément une photo qui promet trop.

Ce que la retouche doit faire, et rien de plus

Trois réglages suffisent, dans l'éditeur de votre téléphone : remonter légèrement l'exposition, réchauffer un peu si la lumière était froide, et redresser l'horizon.

Tout le reste fait des dégâts. La saturation poussée rend les tomates fluorescentes et les fromages orange. Les filtres uniformes donnent l'aspect « compte de marque » qui éloigne la clientèle de quartier.

Le seul cas où il faut payer quelqu'un

Faire ses photos du quotidien soi-même est non seulement possible, c'est préférable : c'est vous qui êtes là quand la lumière est belle.

En revanche, il y a un jeu d'images qu'il vaut mieux confier : les vingt à trente photos de fond qui serviront pendant deux ans, sur votre fiche Google, votre site, la presse et vos supports. Celles-là demandent du temps, de la mise en scène et un œil extérieur, et elles se font une fois.

C'est ce que nous faisons avec Gusta Nissa Studio. Et pour voir le résultat en situation, regardez le portrait de Batchas.

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